Dans le cadre de l’exposition “Perfect Day“, nous avons interviewé l’artiste polonais Zbiok.
L’artiste, dans cette entrevue , revient sur son parcours, son approche artistique et nous donne un aperçu de l’exposition…
L’exposition “Perfect day” présente également des oeuvres de Piotr Lakomy.
Rendez-vous ce samedi 5 décembre, à la galerie A part de Grenoble à 19h30 pour le vernissage.
Bonjour Zbiok. Merci de nous accorder cette interview. Pour commencer, peux-tu nous expliquer comment tu en es venu à l’art ?
Je m’appelle Slawek Czajkowski, plus connu sous le pseudonyme de Zbiok. Je suis un peintre polonais ayant un background graffiti. L’observation de nos sociétés fait partie intégrante de ma démarche artistique, je suis aussi très inspiré par le pop art, et l’art contemporain.
A présent, je vis et travail à Wroclaw en Pologne de l’est.
Après avoir passé quelques années dans le graffiti, J’ai étudié l’art dans une académie d’art à Zielona Gora. Là bas, j’ai réalisé que je pouvais raconter beaucoup plus de choses avec la peinture qu’en peignant mon nom dans la rue.
Tu as été très impliqué dans la scène artistique urbaine polonaise en travaillant sous le nom de ZBK. Quelle est ta relation actuelle avec le graffiti ? Comment te positionnes-tu par rapport à la scène artistique d’Europe de l’Est (je pense à des artistes comme le groupe CAP) ?
Selon moi, j’ai arrêté le graffiti. J’appelle simplement ce que je fais, de la peinture. Cela n’a pas de différence pour moi du moment que cela passe par un medium. Pour moi une toile est la même chose qu’un mur, qu’un collage ou que n’importe quelle autre chose.. C’est juste un espace pour créer un dialogue entre la forme, la couleur et le message potentiel. Le graffiti m’a amené à découvrir l’art d’une manière plus globale. Cela m’a inspiré sur bien des aspects. J’ai appris comment approcher des espaces très spécifiques, et comment épouser et m’adapter aux supports.
Le graffiti traditionnel, m’a appris à répondre à un espace qui n’est plus qu’un simple mur. Ce sont les environs, les gens habitant ici ou là, le contexte historique.
La scène graffiti d’Europe de l’Est est tellement particulière. Après plusieurs années d’admiration de l’Ouest, nous avons réalisé que la différence entre Est et Ouest n’était pas quelque chose de mauvais ou de pire, mais que c’est tout simplement devenu un atout.

Tes travaux semblent avoir différents niveaux de lecture… A première vue, on peut voir des dessins divertissants et amusants avec des couleurs électriques, des gros personnages…Mais lorsqu’on regarde plus attentivement, quelque chose de beaucoup plus grave semble être dit. Peux tu nous parler un peu de ce double sens ?
J’aime provoquer. Les personages de cartoons, c’est le language que j’ai toujours compris. J’ai grandi en regardant des cartoons, et j’ai réalisé qu’ils étaient en fait des masques derrière lesquels se cachaient les gens. C’est la façon dont j’exprime mes sentiments, mes émotions, j’aime la façon dont on peut cacher n’importe quel sorte de message, et seulement les gens très smart peuvent passer au travers de cette diversion.
Je n’ai jamais voulu être un Bansky, parler de chose que tout le monde sait déjà, juste pour les confirmer.
Dans mes travaux, je parle de tout ce qu’il y a autour de moi, des relations entre les gens, comment on agit dans certaines situations, pourquoi et comment.
Y a-t-il une place pour Ies codes et les références dans ton travail ?
Je base mon art sur des codes et des références, certaines sont évidentes, d’autres moins flagrantes.
Maintenant, parlons un peu de l’exposition que tu as avec Piotr Lakomy en décembre à Grenoble. L’exposition s’appelle « Perfect Day ». Pourquoi ce titre ? Etiez vous en train d’écouter Lou Reed quand vous prépariez l’exposition ?
Oui sûrement un titre ou deux ;). Pourquoi ce titre ? J’ai essayé de venir avec quelque chose qui rejoigne nos différentes approches artistiques. La notion d’un jour parfait est une idée si importante qu’il nous a semblé intéressant de dire quelque chose sur cela, et de créer une exposition sur ce thème. N’avez-vous jamais mesuré l’importance d’un jour parfait ou imparfait ?. C’est si évident et important dans nos vies.
Comment as tu connu Piotr Lakomy ? Que trouves-tu intéressant dans son travail ?
J’ai rencontré Piotr a la grande époque du graffiti, quand nous commencions en avoir marre de cette façon traditionnelle de peindre. Piotr a fait la même école d’art que moi, et nous nous sommes retrouvés peignant, buvant, et parlant d’art toute la nuit.
Piotr est un artiste brillant, j’aime sa façon de d’explorere les formes et les couleurs. Il met beaucoup de sensibilité dans son travail..
Un fanzine édité par Sixpack France sera également présenté lors de l’exposition. Peux-tu nous en dire plus sur ce que nous pourrons y voir?
Oui, le fanzine publié par Sixpack. J’ai eu beaucoup de plaisir à le faire. Ca devrait être quelque chose de court, une nouvelle graphique sur plusieurs personnes racontant ce qu’un jour parfait représente pour eux.
Pour conclure, juste une question rapide à la manière de Proust : si tu étais une oeuvre d’art, laquelle serais tu ?
Probablement Zbiok, mais avec une plus jolie tête :]
Merci Zbiok.
Images extraites du fanzine “Perfect Day” de Zbiok
Edité par Sixpack France



